« Vous faites du sport ? « me demande le médecin du travail.
« Du ...quoi ? » je lui réponds, en prenant un air ahuri.
Bon, ok, je blague, c’était juste pour le taquiner, histoire de mesurer son sens de l’humour. Résultat : Néant. Je le savais bien ; Ce toubib m’étonnera toujours par son air de croque-mort, désabusé et sombre, son manque d'humour, surtout .
Bon, mais, je ne me laisse pas impressionner et lance, fière de moi : « alors oui, je marche, je fais du vélo, je pratique la boxe de loisir et je cours un peu ».
Parmi tous les sports cités, seule la course à pieds retient son attention, puisqu’il renchérit aussitôt : « vous courez, c’est bien ». Puis il ajoute, l’air sceptique : « et vous courez combien de temps, hein ? »
« Heu, ben quand même 20, parfois 25 minutes ! » je lance, sûre de l’épater.
Raté. Le visage du docteur s’assombrit d’un coup. il plisse les yeux et pince les lèvres : « oh mais vous savez que ce n’est pas assez du tout, 25 petites minutes ? » me répond-il en appuyant bien sur le mot « petites » … que je n’ai pas prononcé, d’ailleurs !
Je suis dépitée par tant d’incompréhension, prête à cesser séance tenante tout effort physique. Parce que cela me coûte moi Monsieur, de bouger sauter, remuer, courir, souffler, souffrir. Tout cela pour muscler mon coeur et raffermir mes fessiers. Je ne suis pas une sportive dans l'âme comme on dit. Je suis donc obligée de m'entraîner, de me faire violence, pour résister à ma tendance naturelle qui pencherait plutôt pour l'abstinence sportive et une activité autrement plus plaisante : la lecture dans un canapé ou un transat moelleux ! Pourtant, c'est justement un médecin qui m'a convaincue des bienfaits du sport. Un jour que je lui demandais si "le jogging pouvait provoquer une crise cardiaque" (quelle drôle d'idée quand j'y pense), il m'a répondu "au contraire, ne pas pratiquer d'exercice physique, surtout à votre âge (et toc !) c'est cela qui pourrait vous être fatal". Oups, il ne 'en fallait pas davantage. J'ai sauté dans mes Asics flambant neuf, emprunté le jogging de ma fille et parcouru à petites foulées, le tour du stade Suzanne Lenglen. Non sans souffler comme un cachalot, ni pesté après les kilos superflus qui me ralentissaient. Et j'ai du me rendre à l'évidence : oui, le sport est bien libérateur quand on est, comme moi, un accumulateur à tension. ... même si je ne m'aime toujours pas dans un survet ' !
PS Avis aux amateurs : c'est bien moi sur la photo, ma première Parisienne 2009 ... effectuée avec mes copines Marie et Anne, des championnes, elles !
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