J’ai ce qu’on appelle de la tachycardie ; autrement dit, de temps en temps, mon rythme cardiaque met le turbo. Et pour couronner le tout, cela se passe souvent au beau milieu de la nuit ... comme si ce n’était déjà pas assez angoissant d’avoir des palpitations en plein jour ! La dernière fois, il était 2H40 du matin quand je me suis réveillée, en sursaut, trempée de sueur ; mon coeur en pleine ascension de l’Himalaya. Vite, j’ai tâté et retâté mon pouls, paniquée par ce que je sentais sous mes doigts : 400 battements au lieu des 60 normaux ! A ce rythme, mon coeur peut lâcher, non ? Bon, j’ai tenté de me calmer en respirant : aspirer de l’oxygène en gonflant l’abdomen et rejeter à fond le gaz carbonique par la bouche. Aspirer, rejeter et me concentrer pour ne pas faire l’inverse. Avaler du gaz carbonique et m’empoisonner ou me boucher une artère ...c’est possible des trucs pareils ? Bon, dans le doute, je me suis lancée dans plusieurs séries de 10, désormais assise sur mon lit, mes tempes battant la mesure avec ma jugulaire frémissante. J’ai aussi essayé de pratiquer la méthode Coué en me sermonnant intérieurement : “No panique ; non, on ne va pas te retrouver agonisante au petit matin, tel un poisson suffocant hors de son bocal ...” Quoique, qui sait ce qui peut arriver en cas de tachycardie galopante. J’allais peut être faire un arrêt cardiaque ou une embolie pulmonaire à deux pas de mes proches sans que personne ne se doute du drame qui se jouait à côté d’eux. L’horreur ! Cette pensée n’a fait qu’accélérer mon pouls. Vite, me lever. J’ai entrepris de faire les 100 pas dans mon appartement plongé dans les ténèbres. Et mon pyjama trempé qui me faisait grelotter de froid. Manquait plus que je mette à claquer des dents et le tableau -pathétique- de la pauvre fille complètement givrée, tressautant de la racine des cheveux aux orteils, serait complet. Je me suis allongée. Relevée. Assise. Affalée à nouveau. Sur le ventre, sur le dos, non sur le côté, gauche. Bingo, la position latérale de sécurité ! Vers 4H du matin, j’ai fini par m’enrouler dans une couette et j’ai enfin glissé dans les bras de Morphée. Mon coeur avait repris son tempo normal. Jusqu’à la prochaine fois.
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